Covid-19 : pourquoi la communication des chiffres des personnes vaccinées en France fait polémique

Rubrique ouverte à tous en lecture seule.
POUR ACCEDER AUX NOMBREUX AUTRES FORUMS IL EST NECESSAIRE DE S'INSCRIRE (fonction M'enregistrer en haut à droite de l'écran).
Avatar du membre

Auteur du sujet
Pboulanger
Administrateur
Administrateur
Messages : 7564
Enregistré le : 02 févr. 2010 18:41
Localisation : La Chapelle en Serval F-60520
Âge : 64
    Windows 10 Firefox
Genre :
Zodiaque :
Âge : 64

Covid-19 : pourquoi la communication des chiffres des personnes vaccinées en France fait polémique

Message par Pboulanger »

Bonjour à tous,

Lu sur https://www.francetvinfo.fr/sante/malad ... S-3-[sante]
Covid-19 : pourquoi la communication des chiffres des personnes vaccinées en France fait polémique 

Retard à l'allumage, délai de mise en place et manque de transparence : la stratégie vaccinale pour lutter contre le Covid-19 ne cesse d'alimenter les polémiques.
 
franceinfo
France Télévisions
Publié le 12/01/2021 07:00

Mis à jour le 12/01/2021 07:00
    
Une campagne semée d'embûches pour l'éxécutif. Les chiffres de la vaccination contre le Covid-19, d'abord accusés d'être ridiculement faibles, questionnent à présent sur leur opacité. Communiqué au compte-gouttes par le ministre de la Santé lui-même, comme le 7 janvier sur Twitter ou lors de conférences de presse, le nombre de personnes vaccinées en France demeure en effet aux abonnés absents du tableau de bord tenu par Santé publique France.
 


Les derniers chiffres connus proviennent du compte Covid-tracker, tenu bénévolement par Guillaume Rozier, expert en traitement de données : au 9 janvier, 93 000 personnes auraient été vaccinées en France. Ces données "non consolidées" proviennent du "ministère de la Santé", précise l'ingénieur en informatique âgé de 24 ans sur son compte Twitter. Interrogé par franceinfo, il assure tenir ces chiffres, comme ceux précédemment divulgués, du cabinet d'Olivier Véran. Une communication "ni confirmée ni démentie par le ministère"rapporte Le Figaro
 
Une telle pratique pose question. "C'est assez problématique d'un point de vue démocratique", lâche Edouard Mathieu, responsable des données pour le site Our World in Data (en anglais). Il n'est pas le seul. Plusieurs journalistes et responsables politiques pointent en effet une communication opaque des chiffres de la vaccination. 

A chaque pays sa méthode

Avec le lancement de la campagne de vaccination contre le Covid-19, le 29 décembre, un système de suivi dédié devait être mis en place. Mais deux semaines plus tard, le dispositif n'est toujours pas opérationnel. "Ça a été bazar, un peu partout, dans à peu près tous les pays", relativise Edouard Mathieu. Le tableau de bord de la vaccination proposé par Our World in Data présente ainsi des trous temporels dans les données. "II y a très peu de pays qui ont commencé à l'avance à organiser le système de remontée du nombre de vaccinés, donc il y a eu des couacs". 
 
"Il y a des pays qui le font relativement bien", explique ce spécialiste de l'open data. L'Italie en fait partie, mais d'autres pays ont opté pour des méthodes plus transitoires : "En Allemagne, on a un portail sur lequel on a des fichiers Excel, c'est un peu artisanal, mais cela nous suffit". Quant à Israël, les chiffres y "sont donnés par le ministre de la Santé, qui les publie directement sur Twitter". A chacun sa méthode de décompte et de publication en somme, en partie dictée par les difficultés techniques. 

Une mise en place qui prend du temps

Comme au printemps lors de la mise en place de la remontée des données de contaminations au Covid-19, il faut en effet créer un réseau permettant aux données de remonter au niveau national. Ce qui prend du temps : "Je comprends tout à fait qu'il y ait des difficultés techniques, explique Edouard Mathieu, mais la France se démarque par le fait qu'il n'y ait pas de communication publique de ces chiffres. Il y a certains chiffres qui sont donnés de temps en temps et c'est tout", regrette-t-il. 
 
Certaines données locales sont déjà disponibles car publiées par les agences régionales de santé. C'est le cas des vaccinations réalisées dans les Hauts-de-France : "En cumulé, 7 677 personnes ont été vaccinées dans la région depuis le début de la campagne de vaccination", au 10 janvier, rapporte l'agence sur son site. Une transparence qui fait défaut au niveau national.

"On me dit tous les jours
que ce sera mis en place demain."
Edouard Mathieu,
expert en traitement des données à franceinfo

 
Comment expliquer ce retard ? Interrogé par franceinfo sur la date de publication des données de vaccination, Santé publique France affirme que le système de suivi de vaccination Si-Vac, qui consiste en la remontée de données anonymisées, a été mis en place le 4 janvier, mais qu'il faudra encore attendre quelques jours avant d'accéder aux données consolidées : "Pour produire les indicateurs, nous avons besoin de la remontée effective de l'ensemble des données vers nos systèmes, ce qui est en cours et ce qui nous permettra, après consolidation et intégration dans nos modèles, de produire les indicateurs de suivi de la vaccination, qui seront également accessibles comme les données, en open data". 

Un manque de transparence qui pose question

Si ce "retard à l'allumage", comme le qualifie Guillaume Rozier, interrogé par franceinfo, peut se comprendre, le manque de transparence à ce propos interroge. Le jeune ingénieur explique avoir commencé à décompter par lui-même le nombre de vaccinations en épluchant les articles dans la presse régionale, avant d'être contacté par le ministère de la Santé : "Au bout de quelques jours, le ministère m'a contacté en me disant 'Vos chiffres ne sont pas à jour, mais si vous voulez on vous donne des chiffres qu'on a'. Evidemment j'ai dit oui et c'est à partir de là qu'ils m'ont donné ou que je leur ai demandé des chiffres tous les deux, trois jours." 
 
Le nombre de vaccinations publié est rond car il provient d'une "estimation relativement bonne réalisée à partir de phoning", explique-t-il, autrement dit grâce à l'appel des différentes structures locales impliquées dans la campagne de vaccination. Toutefois, aucune preuve ne permet d'attester de la véracité de ces chiffres, "donnés en off", souligne Edouard Mathieu. C'est pour cette raison que la dernière mise à jour des données françaises du tableau de Our World in Data s'arrête au 8 janvier. "J'ai vu les chiffres de Guillaume, mais on reste à ceux qu'on avait. Notre ligne est de récupérer uniquement les chiffres officiels et de mettre le lien de nos sources et, dans cette situation, on ne peut pas le faire. Comme c'est du off, le gouvernement peut très bien changer son décompte demain et dire que ces chiffres n'étaient pas bons", explique-t-il. 

Ce canal privilégié et obscur a été critiqué par l'équipe de modélisation de l'épidémiologie et de l'évolution des maladies infectieuses rattachée au CNRS, qui voit là une affaire de "copinage".
 
 
 
 

"Un collectif citoyen sur les vaccins ["collectif de 35 citoyens" chargé d'accompagner la stratégie de la France] , pourquoi pas ... mais la première des transparences est simple à atteindre : publier tous les soirs les chiffres de la vaccination sur l'application #TousAntiCovid", a également souligné dans un tweet le sénateur Patrick Kanner.

Cette opacité a justement fini de convaincre Guillaume Rozier, heureux élu du ministère, de renoncer à cette communication privilégiée : "La raison principale, c'est que je milite pour l'open data. Je suis persuadé que ces données devraient être publiques", explique-t-il à franceinfo.

Le fondateur de Covid Tracker a annoncé sur son site, lundi 11 janvier, que son outil VaccinTracker ne serait "désormais mis à jour qu'à partir de données publiques officielles, dès que celles-ci seront disponibles". Il se défend toutefois de vouloir ainsi mettre la pression sur les autorités sanitaires pour les obliger à accélérer la révélation de ces chiffres.

En attendant la mise en place d'un système complet de données consolidées, le gouvernement pourrait déjà faire acte de transparence "en publiant par exemple les données sur le compte Twitter du ministre de la Santé", propose Edouard Mathieu. Une solution imparfaite, mais qui présenterait l'avantage d'être plus transparente et compréhensible.
 

Si vous appréciez notre travail, merci de nous soutenir par un petit don en cliquant sur le bouton ci-après


Je fais un don de soutien à l'Association


Prenez bien soin de vous !
Amicalement,
Image

Retourner vers « Informations »